Écrire entre deux silences

Les jours où les mots coulent

Il y a eu des matinées miraculeuses où les phrases naissaient d’elles-mêmes, où mes doigts n’arrivaient pas à suivre le rythme de mes pensées. Claire parlait à travers moi, et je découvrais son histoire en même temps que je l’écrivais. Ces moments-là, c’est comme si le temps s’arrêtait. Plus rien n’existe que cette connexion mystérieuse entre l’imagination et les mots qui s’alignent sur l’écran.

J’écrivais souvent tard le soir, dans ce silence particulier qui précède la brutalité de la journée. Avec un thé qui refroidissait à côté de moi, oublié dans l’urgence de saisir une idée, un dialogue, une émotion. Le stylo glissait sur le papier, et il y avait quelque chose de sensuel dans ce contact direct entre la pensée et la page. Ces heures-là ont été les plus belles de ce voyage d’écriture.

Les murs et les doutes

Mais l’écriture n’est pas toujours généreuse. Il y a eu des semaines entières où je fixais la page blanche, où chaque phrase me semblait fausse, artificielle. Où je me demandais si j’avais le droit de raconter cette histoire, si elle méritait d’être racontée.

Claire se dérobait alors, comme si elle me punissait de mes hésitations. J’ai appris à accepter ces moments de sécheresse, à les traverser sans forcer. Parfois, il faut savoir attendre que les mots reviennent d’eux-mêmes, comme une marée qui obéit à ses propres lois.

LucieF Illustratrice

L’écriture comme miroir

Ce qui m’a le plus surprise, c’est la façon dont l’écriture est devenue un laboratoire d’émotions. En créant Claire, en explorant ses failles et ses élans, j’ai puisé dans les récits de mes amies, dans leurs confidences, leurs questionnements. Ces conversations intimes qui se déroulent entre femmes, ces moments de vérité partagés autour d’un café ou tard dans la nuit.

Claire n’est pas moi, mais elle porte quelque chose de toutes ces voix féminines qui m’entourent. Elle est née de ces discussions où l’on se livre, où l’on se questionne, où l’on cherche ensemble du sens à nos expériences. L’écriture révèle, elle met à nu ces émotions universelles qui nous traversent toutes.

Il y a dans ce livre des éclats de conversations vraies, des fragments de ces histoires que mes amies m’ont confiées. Des émotions authentiques que j’ai observées, écoutées, recueillies. Mais tout cela transformé, sublimé par la fiction. Claire vit sa propre histoire, elle n’est pas le reflet exact de chacune d’entre nous, mais elle porte en elle un peu de chaque femme. Je l’espère, du moins.

La soupape et le partage

L’écriture a été ma soupape pendant ces mois. Un endroit où déposer ce qui déborde, où explorer ce qui résiste à la compréhension. Un laboratoire secret où tout est possible, où on peut réparer ce qui est cassé, où on peut donner du sens à ce qui semble n’en avoir aucun.

Mais écrire, c’est aussi accepter de partager. De livrer ces fragments d’histoires féminines à d’autres regards, d’autres sensibilités. C’est le pari fou de la fiction : croire qu’en tissant ensemble des expériences diverses, en créant un personnage qui n’existe que dans l’imagination, on peut toucher l’universel. Que cette histoire inventée peut résonner dans le cœur de parfaits inconnus.

Entre deux silences

Aujourd’hui, après sept versions et d’innombrables corrections, le manuscrit entre dans sa phase finale de peaufinage. Sa sortie est prévue pour septembre 2025, et c’est un mélange étrange d’excitation et d’appréhension qui m’habite. En parallèle, je travaille sur l’illustration de couverture – un autre défi créatif passionnant qui donne peu à peu un visage à cette histoire.

Je réfléchis également à créer des illustrations pour l’intérieur du livre, des petites touches visuelles qui accompagneraient le récit et donneraient une dimension supplémentaire à l’expérience de lecture. Car j’ai fini par le retranscrire sur ordinateur, bien sûr, mais tout a commencé dans ce carnet aux pages froissées, griffonnées de ratures et de flèches. Entre le silence d’avant les premiers mots et celui qui suit le point final, il y a eu cette aventure extraordinaire : donner vie à un personnage, construire un monde.

Je ne sais pas encore ce que deviendra ce livre une fois qu’il sera entre vos mains. Mais je sais qu’il m’a transformée. Sept versions, des dizaines de corrections, des nuits blanches à ciseler une phrase, à chercher le mot juste… L’écriture fait cela : elle nous change, imperceptiblement, mais profondément. Elle nous apprend à regarder différemment, à écouter plus finement, à ressentir plus intensément.


Merci de m’ accompagnée dans ces coulisses de l’écriture.

PS : J’aimerais beaucoup connaître vos attentes pour la sortie de ce livre ! Que préférez-vous : un livre avec quelques illustrations intérieures qui accompagnent le récit, ou plutôt un texte pur sans éléments visuels ? N’hésitez pas à me dire ce qui vous ferait le plus plaisir en tant que lecteurs – vos retours m’aideront à faire le bon choix pour septembre.

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